15.11.07

Haaretz

Article de Haaretz critiquant l'exigence de reconnaissance d'Israël
comme Etat Juif, par les palestiniens:
http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=79804

13.11.07

Johnstone (2)

Le style prophétique plane au dessus des faits pour proférer les
lamentations, les prémonitions et les exhortations. Il projette une
ambiance d'urgence morale trop pressée pour s'attarder aux analyses
claires et raisonnées, fondées sur le respect scrupuleux des faits et
sur l'honnêteté dans la présentation des jugements opposés au sien.

Le rejet de l'analyse n'est pas qu'une astuce de rhétorique. Il est au
cœur même de la vue du monde de l'écrivain. Il n'est qu'une expression
du rejet, de la part de certains secteurs de la pensée contemporaine,
de toute tentative d'expliquer les évènements historiques à partir de
causes matérielles ou politiques. Ce rejet est central dans l'attitude
religieuse envers l'Holocauste, ou la Shoah (c'est-à-dire, le génocide
des juifs compris en termes religieux). Pour les défenseurs de cette
religion contemporaine, il est inacceptable de chercher des
explications matérielles à des évènements qui doivent rester «
incompréhensibles » de par leur énormité. La moindre tentative
d'expliquer la montée d'Hitler par des faits tels que le choc de
l'humiliation de la défaite de 1918, la perte de territoires
nationaux, l'inflation galopante suivie du chômage de masse, est
rejetée comme un effort visant à « excuser ». Toute explication autre
que la haine éternelle des juifs risque même d'être dénoncée comme de
l'antisémitisme.

Ce refus d'analyser les facteurs matériels sous-jacents aux phénomènes
idéologiques s'étend aux autres évènements. En voulant expliquer la
perte de vitesse de l'esprit européen, BHL ne fait aucune mention du
fait, pourtant de plus en plus manifeste, que l'Union Européenne est
devenue l'instrument pour imposer une politique économique, notamment
la privatisation forcée de services publics, que le peuple n'a pas
choisie et ne peut pas influencer.

http://www.voltairenet.org/article152881.html

12.11.07

Finkielkraut

Je m'amuse beaucoup à relever les contradictions de Finkielkraut. Bon
exercice pour vérifier qu'on est encore capable de penser logiquement
(même si ça devient vraiment trop facile avec l'habitude). Judith
Bernard m'y aide aujourd'hui, parlant des idéologèmes à l'oeuvre dans
le débat sur l'éducation chez Ockrent:

"Ça a commencé quand Finkielkraut a fait un tout petit pas de côté
pour commenter les blocages de facs qui se multiplient et tentent de
faire le pont avec d'autres mobilisations en cours : mouvement «
pathétique » et « odieux », selon lui, révélant le « gâtisme » et la «
sénilité » de ces étudiants militants - « c'est ça le rêve
d'émancipation ? se gausse-t-il, être solidaire des cheminots qui
défendent non pas l'égalité mais leur statut ? » (le mot « statut »
prononcé comme un gros mot, une infamie, comme si ça voulait dire par
exemple, « privilège honteux »). Cette dénonciation du « vieillisme »
des jeunes lorsqu'ils s'associent à la défense des acquis sociaux
repose sur un idéologème très classique: c'est l'idéologème qui
postule que « défense des acquis sociaux » = « immobilisme,
conservatisme, archaïsme, passéisme». Idéologème classique certes,
mais néanmoins inattendu dans l'univers argumentatif de Finkielkraut,
qui vante depuis si longtemps les vertus du passé contre les fantasmes
d'un progressisme triomphant, et récuse avec une véhémence poussée
jusqu'à la caricature la modernité décomplexée quand il s'agit de
culture… C'est ça qui est amusant avec les idéologèmes : comme ils
procèdent pratiquement de l'inconscient politique d'un locuteur, ils
peuvent, à la manière d'un lapsus ou d'un acte manqué, entrer en
légère contradiction avec son discours « officiel »"
(http://arretsurimages.net/post/2007/11/12/Reformes-dans-lEducation-%3A)

Au fait... "Répliques" samedi était un joli exercice d'équilibristes
(original Michéa, banal Raynaud) faisant semblant de débattre autour
du mot "libéralisme", en variant les sens, pour permettre à chaque
fois à A.F de dégager l'interprétation la plus réactionnaire. Sur
l'exemple des Etats-Unis, vive la liberté tant qu'elle permet la
conservation, mais critiquons-la quand elle enfreint la philosophaille
juive (Jonas, Levinas, Arendt) que A.F. ressort à chaque fois. On
connait l'équivalent pour la "démocratie": adulée quand elle permet de
contester un retour à l'hegelianisme (que représentent, à mes yeux,
tous ceux que BHL appellent les antisémites), à l'universalisme, et à
maintenir au pouvoir la clique actuelle par les vertus de la "sagesse
du système représentatif"; critiquée quand on veut lui faire jouer un
autre rôle.

Johnstone

Très bon article de Diana Johnstone sur les "nouveaux philosophes":

Plus malin que les autres, BHL a refusé de se perdre dans la foule victorieuse. Pendant la campagne, il s'est attribué le rôle de conseiller idéologique de Ségolène Royal. Après sa défaite, il a préféré s'attarder sur le champ de bataille politique afin de s'emparer de l'étendard tombé de la gauche. Ou bien, comme le suggère le titre de son dernier livre, pour récupérer son cadavre. Ce livre prétend donner des leçons à la gauche afin de la réanimer. BHL voudrait infuser le cadavre de ses paroles et de ses pensées, le transformant en une sorte de zombie pour effaroucher Ségolène, et l'écarter de Jean-Pierre Chevènement, Noam Chomsky, Michael Moore, Rony Brauman, Alain Badiou, Régis Debray, Harold Pinter et tous les autres adeptes de mauvaises idées qui mèneraient la gauche, selon BHL, vers un nouveau "totalitarisme".

Et quelle est ce nouveau totalitarisme? L' "anti-américanisme", pardi ! Et l'anti-américanisme, c'est quoi au juste? Selon BHL (page 265), "l'anti-américanisme est une métaphore pour l'antisémitisme." Ah bon. Et bien sûr, "l'antisémitisme" est l'accusation qui est censée faire disparaître l'adversaire dans une bouffée de fumée.

http://www.toutsaufsarkozy.com/cc/article03/EEAupAukEuZoUpCdmG.shtml


3.11.07

Mots

Prenons au mot les valets du système!

On nous accuse de populisme quand on revendique, avec Rancière et les nonistes, le maintien et l'amélioration de notre "démocratie" (valeur bushiste par excellence), contre sa liquidation au profit des lobbies? Revendiquons-nous populistes!

On nous accuse de théorie du complot quand on cherche encore, malgré le "doux" fascisme médiatique qui force à l'autocensure, à exercer notre esprit critique? Revendiquons le droit de déceler les complots (l'histoire n'en a pas manqué) ou d'analyser les alliances d'intérêts objectifs.

On nous accuse d'antisémitisme quand nous nous référons à Hegel, Marx, Bourdieu, Derrida, Badiou, Jimmy Carter et d'autres ennemis de BHL? Revendiquons-nous antisémites!

On nous accuse de négationnisme quand on se refuse d'accepter comme des vérités révélées le verdict d'un tribunal militaire sur la nature des crimes commis par les vaincus de la dernière guerre? On répète cette accusation absurde quand sont soulevées toutes les incohérences de la version officielle du 11/9? Revendiquons-nous négationnistes!

Contre le fascisme médiatique qu'on appelle pudiquement "politiquement correct", refusons tous les mots sacrés, revendiquons notre liberté, redonnons sa place à la pensée.

Reymond

Je suis abasourdi, sans voix, à la lecture de cet article de Mathias Reymond:
http://www.acrimed.org/article2748.html

Je sous-estimais encore grandement l'ampleur du désastre que nous vivons... Plus cet individu (vous savez qui, bien sûr) s'exprime, plus il rend sympathiques ses ennemis et logique leur alliance, au nom d'un universalisme effectif et d'une honnêteté intellectuelle élémentaire. Ce qu'il appellerait le fascisme rouge-vert-brun, sans doute.