Lors de l'émission Répliques de samedi dernier, Finkielkraut s'est à nouveau livré à un des exercices périlleux où les intellectuels juifs dépensent leur énergie: trouver toutes les justifications historiques possibles au judéofascisme actuel, donc des penseurs à la fois projuifs et de droite. Jusqu'en 1967, avouez que ça ne court pas les rues. La pensée et la politique sont largement universalistes (donc chrétiennes) et plutôt de gauche (égalitaire). Mais comme il faut vivre avec son temps, aujourd'hui c'est le contraire qui est vrai. Il faut donc se trouver des antécédents. A.F. avait déjà dégoté le brave Peguy et d'autres dreyfusards obscurs ayant pour seul mérite de réunir les deux qualités en question. Aujourd'hui il s'essaie à Albert Thibaudet avec le "républicain" A.-G. Slama et le collabo Antoine Compagnon. Thibaudet est bien antimoderne, parfait. Donc, on suppose, compatible avec le colonialisme sioniste et l'impérialisme états-unien. Mais pas de chance, comme on pouvait s'y attendre, il est maurrassien. Mais attention, ajoute le prévenant A. Compagnon, "ça n'est pas la même chose" (vous connaissez déjà la phrase magique, n'est-ce pas?). Le premier Maurras était un patriote bon teint (comprenez judéo-sarko-compatible), avant ses errements qui l'ont conduit à contester le pouvoir économique et culturel général des Juifs.
Le reste est à l'avenant.