2.10.07

Ouverture à gauche

"L'ouverture à gauche" de Sarkozy, commentée récemment par Alain Soral, est un phénomène très intéressant, qui met à jour sans plus aucune ambiguïté la vraie ligne de fracture de la politique française et, mutatis mutandis, de l'Occident. Le pouvoir actuel est libéral, néo-conservateur, islamophobe et surtout, fût-ce in fine au détriment des deux premiers, sioniste. Plus personne de sensé et d'honnête (combinaison qui relève du miracle dans notre presse à la botte de Sarkozy comme en Italie sous Berlusconi) ne pense qu'il y ait la moindre différence entre Cohn-Bendit, Kouchner, BHL, DSK, Finkielkraut et Sarkozy. Notons au passage que la solidarité inconditionnelle avec Israël étant, selon leurs nombreuses déclarations, la règle chez les Juifs (dans la définition hitléro-israélienne: un grand-parent juif au moins), l'appellation sioniste en devient malheureusement presque pléonastique.

Il faut insister sur cette soumission des médias traditionnels (et de leurs petits soldats: vieux journalistes des quotidiens nationaux, "chroniqueurs" de radio et télévision) au pouvoir sarkozyen, alors qu'internet est massivement du côté de l'opposition, et donc diabolisé par les techniques habituelles, la répression du téléchargement ou, mieux, l'assimilation aux "pédophiles" ou aux "nazis", appellations vides et bouc-émissaires utiles pour cacher les exactions du pouvoir.

A cette clique juive s'agrègent des groupes aux intérêts compatibles. Il est facile de comprendre qu'en matière d'immigration les meilleurs amis des Sarkozy et Finkielkraut sont les immigrés européens à présent bien intégrés, comme les Italiens. La conception droitière de la nation des Gallo et Mariani s'explique facilement par le rejet des immigrés qui les ont suivis, surtout musulmans.

Comme l'a bien montré Cédric Housez (http://www.voltairenet.org/article17482.html), de nombreuses publications et associations communautaristes contribuent par ailleurs à "vendre le choc des civilisations à la gauche". Nous parlons bien sûr ici de gauche sociétale, d'une ex-gauche qui a imposé aujourd'hui, par la vogue américaine du communautarisme et du politiquement correct, son pouvoir sur la culture. Il s'agit en particulier d'une large frange des féministes ainsi que des activistes gays (de type "Act-Up"), jadis opprimés et aujourd'hui d'autant plus enclins d'une part à refermer la porte derrière eux, précisément sur leurs préjugés particularistes (antirépublicains et antiuniversalistes) imposés à coups de procès. Quels sont donc les intérêts de ces groupes? Affaiblir l'Islam plutôt que la misère sociale signifie clairement pour eux abandonner le sort des démunis pour défendre leurs avantages communautaristes actuels contre une religion encore forte qui s'oppose à l'exhibition mercantile des femmes et aux défilés de fierté perverse. Et naturellement, pour la façade, on débauche quelques traîtres comme Rachida Dati et on trouve un Juif de peau noire pour présenter le journal télévisé. Tout cela marque clairement les limites du Système qui, ne l'oublions pas, est surtout une idéologie libéral-sécuritaire visant à défendre à la matraque les intérêts des rentiers capitalistes et à maintenir par la même méthode le reste de la population dans un travail aux conditions se détériorant sans cesse.

Voir aussi: "Gauche sociale et droite sociétale…" sur http://www.alainsoral.com/