Quelle que soit l'adéquation à la réalité de cette ideologie, on ne peut qu'en relever la contradiction interne: le Christianisme est ontologiquement antijudaïque (voir les extraits ci-dessous ainsi que les polémiques actuelles autour de l'universalisme de Badiou se revendiquant notamment de Saint-Paul) et historiquement antisémite: l'Europe chrétienne est responsable des persécutions, pogroms et exterminations nazies. L'idéologie d'un judéochristianisme harmonieux a besoin d'un adversaire aussi ignoble que les monstres persans de "300" (BD et film) pour tenir. Si cette caricature huntingtonienne s'effondrait, la scission entre Juifs et Chrétiens (je ne parle pas que des religieux) ne pourrait qu'apparaître violemment.
Giertych sur le particulier juif vs. l'universalisme chrétien:
"Puisque de nombreuses lois de Moïse ne pouvaient pas être respectées dans la diaspora (comme l'interdiction d'apprendre le grec), on introduisit des interprétations selon lesquelles la totalité de la loi mosaïque n'est obligatoire que dans la Terre Promise, mais pas en dehors. La diaspora devint une forme d'évasion de la loi. Puisque la morale dérive des règles, il y eut deux morales, l'une pour la Palestine et l'autre en dehors d'elle. D'autres divisions de la morale suivirent, selon les occasions, selon les jours, envers les juifs et les non juifs (les gentils). Il se développa ainsi une éthique de situation qui nous est tout à fait étrangère. Nous ne connaissons qu'une seule éthique, la même dans toutes les circonstances. Mais sommes nous toujours fidèles à cette conception? Par exemple, ne traitons- nous pas parfois différemment le vol du voisin et le vol de l'État ou les mensonges aux amis et ceux que nous adressons aux ennemis? De telles morales de situation proviennent de la civilisation juive et nous devons les éviter.
(...)
Nous sommes souvent impressionnés par la solidarité juive, par la façon dont ils se soutiennent toujours, par leur fidélité à la communauté juive. Nous constatons qu'ils participent à de nombreuses batailles, présents des deux côtés. Mais, après la défaite d'un camp, les juifs du camp vainqueur s'assurent que les juifs perdants ne souffrent pas. Après le conflit suivant, le résultat pourra être l'inverse et la même solidarité s'exercera. C'est une méthode de survie qu'ils ont développée en vivant parmi les gentils. Nous n'avons pas une pareille solidarité. En fait nous nous accusons d'esprit de querelle et de jalousie. Nous envions les juifs pour leur fidélité les uns envers les autres par delà tous les conflits. Cependant, cette différence comporte un autre aspect. Nous pensons devoir soutenir la vérité, la bonté, la justice et pas un concitoyen simplement parce qu'il est notre concitoyen. Nous devons combattre le mal, les mensonges, tout ce que nous considérons, même à tort, comme inconvenant. Telle est notre idée de la droiture. Nous devons rester nous-mêmes plutôt que de défendre ce qui ne mérite pas de l'être."
(...)
Nous sommes souvent impressionnés par la solidarité juive, par la façon dont ils se soutiennent toujours, par leur fidélité à la communauté juive. Nous constatons qu'ils participent à de nombreuses batailles, présents des deux côtés. Mais, après la défaite d'un camp, les juifs du camp vainqueur s'assurent que les juifs perdants ne souffrent pas. Après le conflit suivant, le résultat pourra être l'inverse et la même solidarité s'exercera. C'est une méthode de survie qu'ils ont développée en vivant parmi les gentils. Nous n'avons pas une pareille solidarité. En fait nous nous accusons d'esprit de querelle et de jalousie. Nous envions les juifs pour leur fidélité les uns envers les autres par delà tous les conflits. Cependant, cette différence comporte un autre aspect. Nous pensons devoir soutenir la vérité, la bonté, la justice et pas un concitoyen simplement parce qu'il est notre concitoyen. Nous devons combattre le mal, les mensonges, tout ce que nous considérons, même à tort, comme inconvenant. Telle est notre idée de la droiture. Nous devons rester nous-mêmes plutôt que de défendre ce qui ne mérite pas de l'être."
Un autre passage du texte a aussi sûrement suscité la réprobation, bien qu'il soit indiscutable:
"Les juifs, volontairement, préfèrent vivre une vie séparée de celle des communautés environnantes […]. Les juifs ne représentent pas une race spécifique […] mais le fait qu'ils aient leur propre civilisation, qu'ils vivent séparément, a eu pour résultat qu'ils ont développé des différences biologiques".